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Souliers, pompes, godasses, godillots, grolles ont fait leur usage laissé la place aux escarpins, charentaises, mules, nu-pieds, chaussons, patins maintenant vous avez bon pied bon œil pour tendre l’oreille. La langue ; elle ; sera bien pendue mais non donnée au chat. Pour le flair vous en avez dorénavant ; du nez pour prendre à plein poumons une bouffée d’air pur. Alors le tamis du destin pousse, hier monotone, l’uniforme griffé par son créateur. En hallebardes des toiles découpent un autre versant drapé de coutures. Des astres fleurissent dans une autre voie lactée. Cela vaut bien un fromage sans doute. Un vrai de vrai, mais revenons à nos moutons qui n’en sont pas. En ces temps troublés, ils le sont et l’ont été. Une lame de fond se doit d’élever, d’ériger un monument, un temple à la vie même éphémère. Entre Noël et nouvel An en pays Picard les chandeliers allumés, les octogénaires rompent avec l’usage de la Fée Electricité. L’éclairage public du village coupé à vingt deux heures pour des raisons d’économies, laisse toute sa place à l’astre de la nuit. Les derniers pas s’estompent sous la virginité de la neige. Peau neuve ! Une occasion et non des moindres de faire et non de subir. L’on n’est pas là suspendu au cœur d’un audimat d’un média affamé et vorace. La trentaine de personnes après s’être congratulé mutuellement mouche la solitude la mettent dans la corbeille du moral sabré. Ce ne sont pas les nouveaux Robinson d’une nouvelle ère ; mais des attentifs au verbe qui accordent des violons pour une symphonie . Plus une mouche ne vole dans ce demi-cercle en gradins plus un ange ne passe en comptant ses saute-moutons. L’avant bras gauche posé sur le dessus de l’âtre ramoné le conteur tire une dernière bouffée de sa pipe avant de balayer son auditoire. Un pain d’épice fluet flatte les marines en se frottant à celles ci. Tel un long écheveau s’évapore dans les flammes. Une des plus singulière ! En scène pour de petits tableaux! Pour la mise en valeur et l’encadrement à vous de voir pour débuter ! Dit-il d’un ton granuleux. « Sans cartes, sans moyens de mesures, sans repères connus,
avalés par un tourbillon ils se sont aménagé des identités
nouvelles. Tel un typhon en lieu et place ont croisé une gravitation
si forte qu’ils en furent esclaves durant ce « certain » dont le
monde chuchote le nom. » « Ils sont tombés des nuages d’un ciel un peu trop en vent
et couvert pour y trouver son chemin; paraît-il, pour l’aveugle, un
jeu d’enfant; mais qui l’est encore de nos jours. Sans ces
pouvoirs, ils ont donc tenté d’imaginer puis tenté de fabriquer,
avec ce dont ils disposaient ou ce qu’ils trouvaient dans ce sur
place des engins capables de les ramener. » Le verbe piétiner fut conjugué dans tous les modes. Alors du masticage du cerveau aux prunelles le chemin devint long.De version en version avec plus ou moins de bonheur chacun y va de sa petite histoire. D’autres en font des sauces que d’autres délayent; croyez moi ce n’est plus du petit, petit lait. » Mais lorsque tout cela migre vers l’escarcelle flanquée au bout tendu d’un bras de conteur oh! Là, il y aura du débit, le raz de marée peut être proclamé, et les baleines sous cailloux finiront en anguilles Certains connaissent cela avec certitude, on se pique au jeu ou au vif et on tente de garder la tête froide; l’émotion ainsi maîtrisée exhibe sa neutralité. La petite place pourvue de bancs d’un coup s’anime ; les badauds prennent racine. Une voix d’Horace plaque au sol toute portée. Faute de trouver plus élaboré, plus consistant ils s'en contentent ou s’en arrangent. Et notre curé, précise sans mâcher ses mots, ni les ruminer, ni les déglutir, et toujours sur un ton caustique, virulent. « Ils sont simplement des anges déchus à qui l’on aurait coupé les ailes mais aucune précision quant à leur couleur et leur sexe. Répudiés, bannis si cela vous convient mieux ! amorce-t-il. Dans une figure des plus stylée le bedeau lui coupe alors l’herbe sous le pied avec une faux plus aiguisée que d’habitude. Sa version cannibalise la précédente en lui offrant la position du cul- de- jatte.Elle tient le haut du pavé, et veut garder, sa plage, son créneau dont il veut être le seul garant. Dans les grandes lignes et dans les premières et sans tirer, un coup de feu, un trait sur son aménagement, il tient vraiment à ce que leur sort fut joué aux dés. Dans sa jeunesse avant d’entrer dans les Ordres fréquenta-t-il les casinos ? . Passa de veste prise à soutane en mise ? Je ne sais. Mais pour lui les participants à cette roulette n’étaient autres que Dieu et ses rivaux directs Diable, Démon, D... Le quatrième larron il l’oublie ou n’en a pas eu réellement connaissance. Le fait est qu’il était là en invité. Ou plutôt avait forcé la main aussi pour la garder. Pour éviter toute embrouille il s’était embusqué pour décrocher les dernières séries de six, ainsi la timbale acrobatique renversait la vapeur, la décision finale pouvait alors se projeter sur l’écran géant de sa pensée. Quel sera l’élu ! Qui gagnera le cocotier ! Les palmes, l’inconnu bien entendu vous l’aviez tout deviné depuis belle lurette. Rien de sorcier pour qui tient la baguette du sourcier et entrevoit autre chose qu’un vulgaire morceau de bois de cajun. Faut-il encore en détenir le don et le conserver. Dans l’écuelle argentée, trônant sur le tapis vert pomme, il poussa sa propre image, celle du vainqueur, une fois revenu il disparut sans tambours ni trompettes. La partition achevée par ce magistral coup de balai en fit, seul devant son pupitre, pâlir le chef d’orchestre. Rassembla ses souvenirs afin de reprendre une autre partie, la « belle « Mais cette majuscule en position de force dans l’alphabet prit le pouvoir. Les jeux du hasard étaient tombés dans le plus beau le plus élégant des pièges la marque des conquérants avait ainsi un sceau et quel sot celui qui ignore son importance sur le végétal et l’animal dont nous sommes paraît-il les héritiers directs. » L’homme d’église qu’il est a emballé son auditoire. Mais le lieu de culte lui est dans le désert et attend la caravane de pécheurs. L’eau sous les ponts, elle, s’est tarie. « Une bien belle histoire qui laisse réfléchir pour débuter dans les longs paysages de l’insolite. » Mais, comment devient-on ! … s’exclame la maîtresse du lieu
avec un rien d’ironie dans le regard. « En caractères bedonnants, dans un torrent d’idées en chute
libre un gribouilleur de l’imaginaire, de son cru, barbouille à la
plume d’oie une pâtée pour le « ça pense. La plume se voit
décerner la plus noble des distinctions celle de voler sur le
papier.Il ouvre sa musette, le dos posé sur un lilas blanc en fleurs,
un lopin de longanimité en querelle avec son sablier; lorsque celui ci
entrepose son dernier grain il fait un bal masqué dans un bosquet pour
attirer l’essence même des contes fantastiques.Il les noue fermement
les uns aux autres.Il obtint en récompense le titre de sourcier des
mondes des légendes. Dans les villages il les propose aux veillées,
qui s’effectuent dans la majeure partie du temps chez
« l’Ancêtre », avec pour seule rétribution « le manger plus
le coucher » qu’un des convives offre; souvent le maître des lieux
s’en acquitte. Lorsque l’indiscrétion des gens du crû lui pèse quelque peu à savoir: d’où il vient, comment il s’appelle » il fronce les sourcils puis rétorqueJe viens de là bas! Je suis ici! J’irai ou le temps m’emportera! . Mes soirées sont les présents d’une constellation dont l’existence sera découverte dans un millier d’années; d’ailleurs nous en sommes les enfants. Passant la main dans les boucles de nœuds simples migre délicatement vers son carnet de notes après avoir mandé un siège pour s’y installer. Ceci ! Est ! Ce qu’à cet instant nous vivrons.Puis il commence la narration d’une voix toute autre, chaude, bouillonnante, vaporeuse même, à dire, toute imprégnée des accents et expressions typés des pays traversés. Le pouvoir d’un imaginaire complètement débridé prend sa source dans on ne sait quelle partie méconnue de notre dialectique.Un voyage pour l’ouïe qui en est bercée jusqu’à oublier le tintement et le cliquetis régulier des horloges.Une bouffée d’oxygène tellement puissante qu’elle vous enivre. Commence alors le ménage dans la voie lactée juste pour avoir dans les yeux une tranche d’infini non brossé par les clichés du quotidien.Un cinéma en relief dont la nuit aurait enfanté le pâle sarment de Bacchus en projetant l’ivresse des récits en de gigantesques farandoles multicolores.Le cheval de Troyes couve bien son anguille qu’un chas ouvre en miroir sans tain. La voilà, elle s’affine, se contorsionne, se délivre, s’enchevêtre pour dépeindre avec ce seul et unique outil qu’est le verbe bien pesé fluide ou ravageur, une marée que nul n’attend et ne pressent. L’on devrait dire bien moulé ; un juste au corps en quelque sorte qui lui en détoure sa personnalité en embrasant tous ces détracteurs. Les
hautes terres ainsi que les basses foisonnent de légendes qui ont des
origines diverses, à en croire tous ceux et toutes celles que cela
enchante. Alors s’opère la magie, le terre à terre mord la
poussière sans qu’il n’ait à quémander ses miettes. Un lien de
parenté avec une certaine idée de l’absolu. Un sale temps, une pluie drue fait dégueuler toutes les gargouilles
de la cité.Le vent du grand large l’y a mené jusqu’au cœur du
port accompagnant aussi un galion flambant neuf. Le goulet fut mangé
par la brume, plus une sortie ne fut possible. Il dut prolonger son
séjour; profita de faire le plein d’eau douce et de victuailles; se
fit faire une petite révision au gouvernail.Permission fut donnée
d’aller à terre. Seule recommandation, la gabegie doit être
mineure, sinon le fond de cale et les fers.Le quart prit son poste au
bastingage. Le quai était désert, seule une enseigne de restaurant se
faisait pousser telle une escarpolette. Le
« Dunkerque » plonge dans une nuit légèrement froide; les
lanternes jouissent pleinement de leur pouvoir; des ombres
fantomatiques d’un chahut s’y collent. Ce matin là, l’ancre fut levée par le « Dunkerque . En des termes peu audibles narra la mésaventure à son père qui l’écouta d’une oreille distraite. Peu à peu son visage prit un phare, clair comme l’eau de roche! . Le document enferme le récit conté plus haut avec une enfilade étonnamment précise, Dieu comment cela est ce possible! . Le fils en attend toujours lecture, voire la traduction, les onomatopées qu’il lance semblent s’anéantir, le voici débouté du rôle d’érudit. Il fait le gros dos, alors que son parent le plus intime chiffonne le papier, le réduit en une boule qu’il jette dans l’âtre où brûlent des bûches de chêne. Il se retourne vers la chair de sa chair, lui somme immédiatement d’enfourcher « Étoile du Nord » le plus rapide étalon qu’ils ont en écurie, y adjoint ses recommandations. Tu iras à l’embarcadère le plus proche; tu affréteras un navire; de l’argent en voici, retrouves cette pierre, il est peut être encore temps. Il obéit sans rechigner. A Etaples il déploya toute sa hardiesse à prendre la mer, lui l’homme de la terre. Le « Dunkerque », lui, longeait les côtes de Normandie, de Bretagne, des Landes, du Portugal, d’Espagne, la Méditerranée. Des petits groupes étaient envoyés dans les terres ne dérobant très précisément qu’un seul objet correspondant à la région explorée. Le scénario fut identique en tout point en tout lieu du globe. Dorénavant, ce navire était pourchassé par toute une flottille.Chaque fois qu’il l’avait au bout de la lorgnette, bien tranché des flots, une lueur l’aveuglait, puis plus rien d’autre que la ligne d’horizon.Lorsque la mer était d’huile, les vents morts, des cris, des rires, des ricanements surgissaient du ciel parfois avec une intensité telle que tout l’équipage se murait les oreilles avec les deux paumes pourtant Il était dans son sillage prêt à l’abordage. Le cap était ainsi perdu. Nul doute le Poursuivi devait avoir quelques diableries en ses soutes car depuis que l’œil de lynx qui guidait notre Gentilhomme était devenu quelque peu myope, il pensa avoir exhumé des « Neckers » à bord. L’idée de poursuivre un vaisseau fantôme n’était pas exclue. Cette chasse se ponctuait de ces rencontres fugitives. La portée sur le moral en était désastreuse, vaille que vaille il fallait continuer. Était-il prédestiné à errer aussi longtemps? La rage au corps il râlait sur son infortune.Un zénith fit un clin d’œil à la chance, inclina le cour des choses l’abreuva de ses bienfaits. Cette envergure épaula l’éphèbe, épingla son épopée à celle d’autres gentilshommes sur d’autres bateaux. La rencontre, le même but à atteindre d’un coup fit basculer la solitude de la quête. Une stratégie de groupe se mit en place. Dans les campagnes, sous la faux les blés s’étaient couchés. Les mains de « petits malins » glanèrent les épis de toute la région, les égrenèrent, en firent de la farine qu’ils dispersèrent avec allégresse à l’aide de l’Alizé venu exceptionnellement pour eux. Emprisonnèrent ainsi, les « Fêtes de la Saint Jean », les coutumes, les autres traditions. Les Géants tel que « Martin Martine », « les Gayants », « les Reuzes », « Lydéric et Phinaert », « Yan », « ch’Broutteux » d’autres encore entreposés dans les beffrois périrent dévorés par des rongeurs y compris les illustrations, les livres. La mémoire collective avait eu droit à ce méchant coup de balai,
seul demeurait un vague souvenir intemporel. Lorsqu’ils comprirent la leçon donnée par le « Dunkerque » ils en restèrent pantois. De l’eau s’était écoulée sous les ponts. Les années passées les avaient burinés La fierté d’avoir récupéré leur objet par la simple prise de conscience de son importance avait arrêté la chasse le « Temps » s’y laissa prendre. Le retour fut triomphal. « Non d’une corvette, d’un galion, d’un sampan, quelle
misaine pour le foc lézardé puis torpillé. » De petites gâteries, marrons chauds, noix, noisettes donnaient le
tournis à quelques hélianthes couchés sur l’artisanale table
épaisse. Les dernières bûches de peupliers crépitaient puis se
morcelaient pour disparaître dans le tas de cendre déjà bien épais.
Le maître des lieux jugea nécessaire d’y adjoindre un peu de tourbe
et de saupoudrer les marches de gros sel avant qu’un autre récit ne
captive l’attention générale. Dehors finissait son manteau qu’une
plaine enjolivait. Tous avaient maintenant les yeux braqués sur les
lèvres du conteur. Il hocha la tête en signe d’approbation. Il mit
l’index sous sa lèvre inférieure comme pour l’aider à se
mouvoir. La langue, elle déjà trépignait. Avec un taux
d’amortissement plus ou moins long les Mots continuaient à sonner
indépendamment du lieu où ils avaient été projetés. Parfois de
chair; ils prenaient corps dans les corps. L’un des convives survoltés ; enlevé par son élan ; brame. Une « gueule noire gonflée à bloc » ; qui ne manque pas
d’estomac non plus ? Dans son patois local en remet une louche et
jette l’éponge. A sa voix rauque et caillouteuse d’expulser sa
vision des choses. Pendant que dans la cuisine on s’affaire à concevoir par un
savant dosage le vin chaud à la cannelle et jus d’oranges. Ces
effluves excitent les narines ; les font palpiter. Un chemin de Battue tout en pente menait au lieu dit le Pisautio.
Les maisons étaient du pays; un petit cours d’eau du même nom
serpentait entre elles. De petits ponts en rondins de bois les liaient
les unes aux autres. Les ardoises étaient venues ; par charrettes
tirées par deux beaux Boulonnais ; de la contrée voisine.
L’occasion d’une célébration fut ; en ces temps reculés ;
donnée. L’on y festoya deux jours durant, inconcevable de nos
jours. Un charme campagnard que l’on héberge avec soin dans ses
pupilles. Une carte postale qui reste en dehors des boites et du
rangement vital ou géométrique. Un forgeron nommé Gaëtan le Fier marié à Guenièvre la Belle demeuraient en ce lieu dit. Les outils de labour, les cerclages en tout genre, les fers à chevaux, toutes les lames attendaient sa dextérité sa poigne sure et surtout sa maîtrise de la fabrication de ses aciers d’où son surnom « Le Fier ». Leur demeure en pierre de taille ouvrait le bourg, tandis que la forge, elle, le fermait avant l’orée du bosquet. Un chemin de Terre échevelé contournait celui ci. Une étendue d’eau en son centre agitait tout ce petit monde; on y menait les troupeaux boire en compagnie des pierrots; on y célébrait avec félicité les heureux événements; on y contait fleurette. Le noyau; le centre nerveux ; un petit paradis ; à dire cette localité avait un passé somme toute peu banal. Des Elfes y auraient séjourné épisodiquement. Un vieux dicton raconte lorsque les très grands froids viennent envahir le pays; la mare a ses vapeurs et grelotte. Pour le « lève tôt » qui opte pour cette courte période un talisman lui est offert. La
Belle dut aller, pour entretenir le feu, amasser sur la périphérie de
l’étendue du bois mort pour en confectionner un fagot. Ses sens
furent activés brutalement; un opaque parfumé l’envahit soudain
impalpable même sous ses sabots. De petits cris, des rires, autour
d’elle semblent façonner ce néant factice. Son pied gauche glissa
dans un liquide chaud elle y plongea la main pour y rattraper ce quelle
venait de perdre à savoir une de ces chausses. Une clameur intensifia
la buée en fit un rideau laissant apparaître de gros bouillons
au-dessus desquels se vautraient des êtres étranges. La peur
n’était pas au rendez-vous. Aucun mauvais présage ne planait en
cette atmosphère. Son bien être prônait la sérénité, avec
beaucoup d’élégance se dévêtit posa soigneusement ses effets sur
une des bulles odorantes puis lentement se glissa dans le baume s’y
délecta jusqu’à s’enivrer. La température se laissa choir
progressivement et claironna un retour à la normale. Guenièvre
récolta ses habits parfumés, avec grâce y moula son corps de
déesse. D’un pas alerte le vicinal virevolte jusqu’à son
« Home ». Accompagnée de lucioles qui se soufflent sitôt son
passage. Elle déchire l’espace et au jour de pondre ses
caresses. Des années durant elle en prend le pli, avant le champ du coq et non le chant, de s’offrir un peu de ce « Réveillon ». Jusqu’au jour ou l'une de ses voisines curieuse comme un poux la suivit. Au lieu de profiter de cette grâce offerte; elle monte une ligue avec les autres dames pour que le joli minois se ternisse et s’enlaidisse comme elles. Pointent bien leurs frimousses en déclin sur le dehors; se postent en amphithéâtre autour de l’endroit. Par pudeur la Belle contrainte avec panache demi-tour faisait. Elle réitéra cette démarche des années durant. Le couple eut un fils. Lorsqu’il eut atteint ses vingt printemps sa mère Guenièvre prit ses ailes d’ange mais avant de disparaître elle somma Gaëtan de quitter ce lieu qui allait être maudit. Pas de diableries ni sorcelleries juste un présent des déesses lui fut transmis. Lorsque son heure vint Aphrodite, Ariane Athéna et les Parques tambourinèrent à l’entrée pour l’emmener puis peser son âme et la libérer du vivant. Entrecoupé de soupirs, elle expira l’alphabet. Lettre après
lettre elles furent ses dernières paroles prononcées. La mise en
terre effectuée, le baluchon en larme ils s’en allèrent. Après
quelques années d’errance la malédiction avait trouvé là un nid
des plus douillet. Elle officia sur chaque mot qui perdit pour
l’éternité, en ce bourg uniquement, les voyelles et les consonnes.
La
magie des mots s’éteignît.. Condamnés à employer le langage des
gestes et des signes resta l’écriture à maîtriser pour se
faire comprendre. Nul ne put tenir cette dernière forme d’expression
comme étant une bouillie sans goût véritable. A pas de loup l’itinérant se dirige vers son récipient vide qui
va lubrifier son gosier. Prendre sa place dans le couloir entre deux
invités pour le remplissage lui semble bien vu. Une tresse ,pendant ce
temps, écarte le rideau lourd à grandes fleurs juste pour examiner
l’état du chemin. Hume du regard le froid qui l’attendra au
retour. Un Âgé, assis sur un tabouret, la barbe déjà bien
grisonnante y glisse ses doigts une façon de se concentrer avant de
prendre parole .Dans la pièce les marmots s’ébrouent dans un jeu
bruyant braillant la rainure peu profonde entre deux histoires. Ce
bâillon en soie glissa. Cinglant coup pour celui qui veut faire de la
dentelle son cheval de bataille. Les poils bien brossés par plusieurs
passages décrochent la phrase suivante. « la
légende du lac voulez vous l’entendre » Une très jolie jeune orpheline à vécu dans une hutte du
Pisautio. A l’époque où je vous parle les nomades sont légions.
L’on s’installe dans l'endroit juste pour une saison deux au
maximum. Les dieux très magnanimes eurent pitié d’elle y
installèrent un micro climat présent encore de nos jours. De ses
yeux le représentant du surnaturel vint se rendre compte du labeur ;
pour cela il prit humaine apparence. Un éclair le toucha, ce fut le
coup de foudre. De cet amour peu banal naquit une petite fille que les
puissances de l’au-delà enlevèrent. Ces larmes en boulets
s’écrasèrent et firent le lac que l’on connaît. Il est à
remarquer que l’eau y est salée en certaines périodes de l’an. De la prestidigitation pour nous détendre !. Bonjour je suis le moment qui passe. J’ai quelque-chose pour vous cela va sûrement vous intéresser. De sa poche décousue par l’usage il dégagea un sablier qu’il positionna parallèlement au sol entre le pouce et l’index de sa main droite. Comme par magie se mit en rotation puis déploya toute son énergie à faire passer tous ses grains d’un coté à l’autre. L’exercice fini, trois minutes s’étaient écoulées. Le temps resserra ses liens autour du moment reprit son bonhomme de chemin. La mesure dépend de l’échelle et du nombre de barreaux qu’elle contient. Un instant ils crurent au rêve. Un tour joliment bien bluffant dont la rapidité d’exécution a prit l’assemblée dans son tourbillon. Les tartes au sucre se doraient paisiblement dans le four. La surveillance de la cuisson achevée ,les mandibules ayant finis leur craquant devoir, l’auditoire refit le plein avec une acuité qui fit peau neuve. Les poupées russes sont des boîtes mais aussi des choses dans les choses et des histoires dans les histoires. Voilà pour l’entrée en matière clama le conteur des osselets dans les mains. Lorsque le Celsius eut relevé ses manches pour maintenir à la
hausse l’alcool du thermomètre. Lorsque son cousin et voisin direct
le baromètre eu poussé l’aiguille entre les deux voyelles « Beau
temps ». Lorsque les cumulus bedonnants eurent tapissés le fond bleu
du ciel. Lorsque la brise petite filant par la fenêtre eut fini de lui
susurrer en points de surjet le thème dont elle portait la
clef. Puisque les conditions étaient ainsi réunies elle décida du
haut de ses deux lustres de se mirer dans l’eau du lac. Drapée
d’une jupe de soie blanche elle accrocha son rêve à celui
d’Alice. Sous son bouleau préféré elle détela et laissa gambader
à son gré ses cils. Une après midi s’était ainsi brûlée sans
qu’elle s’en rendit vraiment compte. Voilà, le père des pères qui se pousse hors de sa case avec la
démarche d’un iguane. Un long bâton dans sa main droite, le couvre
chef bichonné, lustré, pimpant il se dirige vers le clan des enfants
qui se précipitent vers lui en clamant leur joie. Immobile, le sage
attend la nuée de petits d’hommes pour l’aider à s’asseoir sur
la pierre de la tribu située au centre du village. Le silence
s’installe, s’enracine, même la forêt se tait et attend. Sans mot
dire il prend son sceptre comme l’on prend une boussole le pointe sur
tout ce qui l’entoure. Une musique s’élève s’accroche fluide et
acérée dans un volume fixe. Les genoux de l’ancien se plissent, il
laisse deviner une profonde et lente concentration. La narration, telle
une pirogue va se glisser sur le miel des tympans. Une longue pose
s’ébroue dans sa salive. Ses doigts secs et crochus enlacent le
morceau de bois posé sur ses fémurs. Puis le claquement de langue
charge le récit. Une nappe noire couchée de points lumineux dessert le halo jaunâtre d’un généreux brasier. Le village est là au complet. Tout les convives embrasent leurs torches huilées et partent en procession vers le monument. Les tambours martèlent le pas sur la terre rougeâtre encore chaude. Des incantations se heurtent se choquent s’imbriquent par salves puis tangent en de longues traînées fossiles, s’émaillent de petits cris poussifs et gloutons. Le carrousel de toupies agrippé à son axe ouvre une mélopée éveillée. Les yeux béants rognent goutte après goutte le typhon de l’entonnoir du temps. Au son de percussions ils suivent le sorcier , premier maître à danser ; personne ne lui emboîte le pas. S’il n’est pas le grand esprit du moins il est son représentant. C’est cet arbre colossal qui en est l’image la plus directe. Ses racines doivent être fustigées pour élever l’âme de nos défunts afin qu’elles suivent le chemin du ciel. Le tronc n’est lui que le guide, un lien puissant entre deux mondes qu’il faut ménager. Lorsque le vent se brise sur ses branches les tourmentés gémissent. Il faut les aider à s’élever. Avant vôtre naissance, la famille avec le conseil des anciens choisit un appendice sur lequel sera gravé dans l’écorce, sans atteindre la sève, vos origines. Des motifs colorés symboliseront l’activité des parents et leur rang social. Le cordon maternel sectionné le lien avec notre terre va s’épanouir. La flèche identifiera le masculin l’étoile en fera de même pour le féminin. Voilà vous êtes notre futur et notre passé, notre vision du chemin. Pour cela vous avez pères et mères pour vous sublimer. Mais n’oubliez jamais que nous sommes des transplantés. Oui ! oui !il y a fort longtemps nos ancêtres sont venus apporter la vie qui manquait, faire de ce lieu un paradis. Le végétal que nous honorons fut le premier d’une longue série. La luxuriante qui nous donne son sein et le fruit de la sueur. Quant aux machines, dont à l’origine, nous disposions elles se sont étouffées faute d’énergie renouvelée. Elles furent dévorées par des micro-organismes. Nous dûmes nous adapter à cette nouvelle donne. La dernière liaison demeure un brouillon chiffonné ; tronçonné ; écharpé ; déchiqueté par un néant en voie. La terre ne répondait plus et n’envoyait plus de ravitaillement. Un soufflet prit sur plusieurs facettes nous marqua. « La moisson de la mémoire que nous avons récoltée pour que vous l’engrangiez ». C’est là écrit en différentes langues et dialectes sur cette pierre . Ce n’est pas un vulgaire caillou. Une combinaison de sons l’active, le lien avec une parallèle. Des graines de musiques qui viennent aussi naviguer dans vos cages à miel avant d'éclore dans votre grise. Expérimentez, testez, nul doute le guttural se baladera et dévorera la place ; achèvera son repas. Soyez réalistes vous vous contentez de l’impossible s’il vous sonne c’est parce qu’un peu de fadeur en fièvre vous a giclé sa nauséabonde. Chapeau et profil bas vous recommencerez la cueillette. L’empreinte du savoir en dicte la loi ; la curiosité vous mènera à la connaissance. Votre branche inscrivez y vos lunes entières par un rond vos importants par un anneau ; le tout à vos couleurs. Nous sommes, vous êtes, sommes nous, êtes vous c’est le prix du tableau du vivant peint et repeint sous toutes les coutures. C’est aussi l’habit de l’intérieur lorsque les yeux du sommeil l’illuminent. Vous êtes le tailleur dans un sur- mesure qui tombe comme un gant qu’il ne faut ni froisser ni chiffonner. Dans la toile du temps, des chas, voire des accrocs, sortes de béantes fenêtres grandes ouvertes pour le singulier ou le pluriel dont notre monolithe ouvre les espaces. Vous y glisserez tel un ver, sans les effilocher, ce n’est pas cousu de fil blanc, cela ne tient pas dans un dé à coudre. |