Une critique sur l'album Osirys publiée dans la revue hollandaise de Rock Progressif Dutch Progressive Rock Page

       

Traduction française :

Je crois sincèrement que la critique d'art ne dois pas être une activité essentiellement subjective. Si je pensais le contraire, je ne ferai pas ce travail, ce serait une perte de temps pour moi comme pour mes lecteurs. Bien entendu nos préférences et nos goûts influencent fortement nos jugements sur l'art, comme il se doit. Mais ce qui va rendre une critique différente d'une simple conversation sur un livre, une peinture ou un morceau de musique c'est que celui qui la rédige devra émettre un jugement de valeur à partir de ses propres préférences. Je prends cette responsabilité très au sérieux, et peu importe que j'aime ou non un album qui m'est envoyé, je garde toujours à l'esprit le fait que le lecteur attend de moi l'évaluation la plus utile et objective possible.

Parfois, cependant (vous voyez sans doute où je veux en venir), je dois admettre que j'aime quelque chose même si je suis conscient que beaucoup d'autres ne partagerons pas cet avis. Dans ces cas là - et Osirys en fait partie - mon travail est de fournir les raisons qui me font apprécier l'œuvre en question en donnant au lecteur toutes les informations qui lui permettront d'estimer si il partagera ou non mon opinion. Donc, allons y : j'aime Osirys, mais ce ne sera pas le cas de tout le monde.

Osirys tourne autour d'un homme – Jean Pierre Prudent – décrit dans la charmante littérature promotionnelle de MUSEA comme “compositeur-auteur” (n'est ce pas redondant ?). La musique de l'album, toujours d'après la prose de MUSEA, s'apparente à des paysages oniriques. Vous ne savez savez pas ce que “onirique' signifie ? Et bien, je suis professeur d'anglais à l'université , et je ne le sais pas, non plus. Mais j'ai fait des recherches dans l'intérêt de tous et cela veut dire “qui a rapport au rêve ou qui le suggère”. Et pour une fois les publicistes de MUSEA ont raison. La meilleure façon de décrire toutes les pièces de cet album est bien “onirique”. Mais je vous rappellerai que tous les rêves ne sont pas forcément agréables de même que les morceaux d'Osirys ne sont pas toujours apaisants, encore moins soporifiques. Certains, comme “une mer trop large un espace trop froid” par exemple, sont d'ailleurs carrément effrayants.

En fait, l'instrument dominant tout au long de l'album est un peu discordant, un piano légèrement dissonant - au second plan on trouve, bien sûr, l'orgue portatif traditionnellement employé au cinéma pour dépeindre une atmosphère cauchemardesque. Des nappes de synthétiseur et des percussions viennent accompagner le piano, une fois encore, parfois apaisantes, parfois inquiétantes selon les morceaux. Si vous avez vu Gérard Depardieu dans le film à succès Hollywoodien “Green Card” et que vous vous souvenez de la scène où il joue une “composition” pour sauver les arbres, alors vous pouvez vous faire une bonne idée de ce à quoi l'album ressemble. Je doute que celui-ci soit improvisé, mais la musique en a toute la spontanéité.

Je ne peux pas vous faire en particulier les louanges de telle ou telle pièce car elles sont toutes de la même veine. Si ce que j'ai dit au sujet de la dissonance et de la tentative de créer une atmosphère onirique vous intéresse, alors vous aimerez certainement ce CD autant que moi. Toutefois, ce n'est ni du progressif, ni même du Rock, soyez en avertis. Il s'agit plus d'une sorte d'expérience sonore élargie ou peut-être une suite de petits poèmes symphoniques. Pour ceux d'entre vous qui sont fans de musique classique pensez à Frederick Delius bien que la similitude soit dans l'esprit plus que dans la musique elle même. (Notez que toute la première partie du CD s'intitule “un long poème d'hivers” et cela n'est pas sans faire penser aux "Chansons d'été” de Delius). A mon avis, le compositeur-interprète atteint admirablement bien son objectif, c'est vrai, même si son travail ne sera pas au goût de tout le monde.

Conclusion: 8 out of 10

GERALD WANDIO



Texte original :

I believe more strongly than do many others that the reviewing of art is not an entirely or even mostly subjective enterprise. If I believed otherwise, I wouldn’t do it: it’d be a waste of my time and a waste of my readers’ time. Certainly, our personal preferences enter very strongly into our judgements of art – as they should and as they must. But what makes a review different from, say, a conversation about a book, a painting, or a piece of music is that the reviewer’s job is to acknowledge and account for (though never deny or discount) his or her own tastes and beliefs. I take this responsibility seriously, and thus, no matter how much I like or dislike any album I’m sent for review, I keep in mind at all times the reader in search of objective and useful evaluation, and I do what I can to provide it.

Sometimes, though (you saw this coming, didn’t you?), I have to admit that I like something even though I realize that many, many others won’t much like it. In such cases – Osirys is certainly one – it’s my job to give my reasons for liking the work a lot while providing sufficient information to allow others to assess the likelihood that they’ll like it or dislike it. So here goes: I like Osirys a lot, but many others won’t.

Osirys is, apparently, one man – Jean-Pierre Prudent, described in Musea’s always-delightful promotional literature as a “composer-songwriter” (is that redundant or not?). And the music on the album is, again apparently, again according to Musea’s blurb, “meant to be oneiric landscapes.” What – you don’t know what “oneiric” means? Well, I’m a university teacher of English, and I didn’t, either. But I looked it up for the benefit of us all: it means “Of, relating to, or suggestive of dreams.” And, for once, Musea’s promo writers have it right. The best way to describe all the pieces on this album is “dreamlike.” However, I’ll remind you that not all dreams are pleasant, just as not all the pieces here are soothing or soporific. Some – check out Une mer trop large un espace trop froid in particular – are downright creepy. In fact, the most prominent instrument throughout the album is slightly discordant, slightly dissonant piano – an instrument second only, of course, to the calliope as the traditional accompaniment to a cinematically depicted bad dream. Accompanying the piano are washes of synthesizer and percussion – again, sometimes calming, sometimes disturbing, depending on the track. If you’ve seen Gerard Depardieu’s breakthrough Hollywood movie Green Card and recall the scene in which he plays a “composition” about saving the trees – well, you’ll have a good idea what this whole album is like. I doubt it’s improvised, but much of it seems that way.

I can’t really single out this or that piece for praise, because they’re all similar. If what I’ve said about the dissonance and the attempt to create atmosphere sounds interesting to you, you’re likely to enjoy this CD, as I do. However, it’s neither progressive nor rock, so be warned. It’s more like an extended sonic experiment, or perhaps a series of tone poems – those of you who are fans of symphonic music, think of Frederick Delius, although the similarity is more to the intent than to the music itself (note that the first part of this CD is collectively entitled “A Long Winter Poem” and think of Delius’s Song Of Summer). In my opinion, the composer-performer succeeds admirably at what he means to do; it’s true, though, that what he does will not be to all tastes.

Conclusion: 8 out of 10

GERALD WANDIO