Pas vraiment un groupe, mais plutôt un collectif artistique à géométrie variable de la région lilloise. , un infographiste (Bernard Szukala), une vidéaste-comédienne (Anne Briez)  et bien entendu des musiciens réunis autour des créations de JPP  le Compositeur/Auteur. OSIRYS c'est aussi le pendant musical de TransS'ArtS, "c'est quand les spectacles  deviennent des concerts".


Osirys en concert

JPP dit quelques idées :

  • Bien que j'emploie beaucoup l'électronique, le premier critère de jugement de mon travail est : "que reste t'il sans électricité" (instruments acoustiques, partition papier) …
  • La musique doit se suffire à elle même : Il ne doit jamais rien y avoir à expliquer. Je fais écouter, je ne raconte pas. Davantage de mélodie, de notes pensées, moins de bla-bla ..
  • La musique n’a pas vocation à véhiculer un message. C'est est un univers sonore où le voyage est possible. Communication d’espace – temps et de pensée. Sentir et ressentir, vivre sans le recours au verbe. Un autre langage. Les mots sont inadaptés pour décrire la perception musicale, il n’y a jamais rien d’intéressant à en dire. Parler en musique c'est simplement être. Face à une oeuvre "vraie" on ressent d'abord quelque soit le lieu et le temps. Comprendre peut ensuite apporter, si on le souhaite, un éclairage plus fin et plus noble. Ceci peut être d'autant plus juste que le travail contient une dose suffisante de mathématiques universelles. C'est moi, ça ne sert à rien, c'est gratuit : rien qu'un autre monde. De la vie avec un passé et des choix futurs ….
  • Je "vois" la musique bien avant de l'entendre. Mentalement, pour moi, composer c'est travailler sur la construction et l'agencement de formes géométriques dans un espace qui évolue avec le temps.
  • Une musique le plus souvent écrite. L'écrit c'est le temps de la réflexion, la solidité du discours.
  • La mélodie simple ( parfois modale / tonale ). La musique doit pouvoir se chanter au moins par moments… je n'aime pas les concerts où il faut distribuer un mode d'emploi à l'entrée de la salle…
  • Atonalité chromatique non sérielle. La tonalité n'a jamais été pour moi un mode d'expression plus naturel qu'un autre. J'ai appris seul (la plupart du temps). Tout petit face à un clavier de piano où les touches blanches et noires sont mélangées, je n'arrivais pas à choisir celle-ci plutôt que celle-là parce que ceci ou cela. Mes doigts allaient partout et cela sonnait à mon oreille comme je voulais entendre! Mais L'ensemble peut se mêler aussi à des musiques bien carrées dans la tonalité...
  • Certaines lignes sont improvisées sur la structure écrite et la forme des morceaux peut parfois être librement adaptée. Il peut également y avoir plusieurs orchestrations. Les formations sont souvent mixtes avec instruments acoustiques et électroniques.Un écrit pour ossature et ensuite de la spontanéité, la partition n'est pas une bible sacrée qui dit tout et à laquelle on ne peut rien changer ...
  • J'ai commencé par être petit garçon. J'ai grandi sous l'effet du mouvement incontrôlable qui nous pousse sur le temps où nous voyageons. J'espère grandir encore en apprenant toujours. Et quand je saurai mes secrets de l'univers et de la vie ,si ils existent , je les dirai à tout le monde. Mais je ne les trahirai pas avec des mots qui ne parlent pas assez libres et honnêtes pour tout raconter. Le verbe peut mentir. Je composerai des notes et des sons pour ouvrir les portes vers d'autres mondes. La musique existe pour humaniser l'univers... Et je ne me montrerai pas, ce que je suis ne regarde que moi. Seule compte la musique; on écoute avec ses oreilles, pas avec ses yeux. Revenir à l'essentiel, oublier les paillettes, les extravagances et les discours fumeux. La musique seulement.

La musique de JPP-Osirys s'apparente aux musiques nouvelles. En voici une définition, qui me semble assez bonne, extraite du site de l'Association Pro/Art - Qwartz ( http://www.qwartz.org )

Une nouvelle musique, en rupture avec le système tonal établi depuis la Renaissance apparaît au début du 2Oe siècle sous l’impulsion de la seconde école de Vienne et prend le nom de "Musique Moderne" tout d'abord puis de "Musique Contemporaine ». L’énergie électrique, la bande magnétique, puis le microsillon, l’électronique et la micro-informatique affranchissent cette nouvelle musique de la lutherie traditionnelle et ouvrent un gigantesque champ de composition. De son expression "savante" et/ou "abstraite" (musiques "sérielle" "concrête" "électro-acoustique" "acousmatique" etc) aux courants les plus "populaires" des musiques électronique et numérique ( "ambient" "électro" "Techno" "House" ) son développement emprunte des chemins aussi divers que les possibilités de création offertes par l’enregistrement, le mixage des sons et l’ensemble des nouvelles technologies. D’où le pluriel (Musiques nouvelles) utilisé aujourd’hui pour la désigner.
De 1912 à 1960 la « musique nouvelle », créée par Schönberg, Varèse, Messiaen, Webern, Stauckhausen, Boulez, Reich, Riley, Glass, Cage, Schaeffer (inventeur de la musique concrète et fondateur du GRM en 1948 à l’INA) et Henry, n’est accessible qu’à un cercle d’intellectuels mélomanes. Elle est qualifiée de « musique savante ». Certains de leurs jeunes « élèves » (Krafwerk, Can) plus fascinés par l’univers du rock que par celui des musicologues vont, avec une poignée d’autres (Schultze, Eno), se charger de l’adapter à leur goût et leur environnement au début des années 70. Ils ouvrent la voie de la culture « techno ». Peu de temps après (dans les années 80) les Disk Jokeys sont les fils conducteurs d’un troisième courant « électronique ». (Jeff Mills, Laurent Garnier). Ils façonnent avec leurs platines et tables de mixages de nouvelles alliances musicales en injectant de grandes giclées de sons et de rythmes puissants dans le disco, la soul, la salsa... ».Ils électrisent les pistes de danse et donnent naissance à la « house » et au « Mouvement Electro » (Free party/Rave). De ces trois grandes familles sont issues la majeure partie des styles musicaux regroupés aujourd’hui sous le terme générique de « musiques nouvelles » ou musiques électroniques ; qu’elles soient « savantes » expérimentales ou plus « légères » et « populaires » voire même « dansantes ».
Qu’entendre par "Musique Nouvelle" ? La "Musique Contemporaine" et la Musique Electonique ou informatique (numérique). Qu'entendre par Musique électronique? Les œuvres instrumentales et vocales qui sont spécifiquement conçues, composées et produites avec des instruments ou machines électroniques : enregistrement puis transformation et mixage de sons (naturels, concrets ou purement électroniques), utilisation de synthétiseurs, samplers, ordinateurs. Qu’elles se jouent en temps réel (live) par des musiciens en chair et en os, ou entièrement préenregistrées (bandes) ou bien encore un mixte des deux. C’est aussi une philosophie - anti-conformiste - une musique sans dogme et sans frontière, inventive et innovante donc en perpétuel mouvement où se mêlent toutes les influences et alliances, expérimentation et écriture traditionnelle. Remarque : l’interprétation et l’orchestration d’une partition musicale avec des instruments électriques ou machines électroniques ne suffisent pas à en faire « une musique nouvelle ».